Qui devrait, plus que des étudiants ingénieurs, prendre conscience de l’influence, des impacts, des conséquences de la “technique” sur notre société ou bien sur une valeur comme celle de la liberté? Lors du dernier semestre, j’ai eu la chance d’avoir, avec 24 de ces spécimen, des discussions passionnantes: développement durable, énergie, inégalités, limites, solutions, sciences et technique. Les liens ont “plu” (x2), notamment celui de l’interview de Jacques Ellul (lien externe) dont on parlait à l’avant dernier cours.
Salut la marmaille :),
Bien que bon nombre d’ingénieurs diplômés fassent au final tout sauf « ingénieur », une grande partie d’entre vous va « faire » ou bien au moins « avoir à faire à » la technique de demain. C’est justement pour ça, qu’il est essentiel, pour vous plus que pour n’importe qui d’autres d’avoir une vraie réflexion sur la technique, son pouvoir, sa raison d’être, son intérêt.
Dès qu’on parle de certains désavantages, conséquences dommageables ou bien manque de sens de certains usages de la technique, on s’entend immanquablement dire “oui mais c’est quand même bien pratique” ou bien le fameux “ah ben, tu préfères retourner dans une caverne et t’éclairer à la bougie peut être?”. Blam, circulez, y a rien à discuter!
Bien sûr que c’est pratique, bien sûr que ça “apporte” quelque chose, sinon, très clairement ça n‘aurait jamais fonctionné, l’humanité (et les individus qui la compose) n’est pas non plus à ce point écervelée qu’elle se tire des balles dans les pattes depuis des siècles.
Par contre on passe souvent, voire toujours, à côté du corollaire de cet “apport”: le retrait. On est toujours prolixe quant à ce que la technique nous apporte et toujours très frileux ou bien tout simplement “ininteressé” à examiner ce qu’elle pourrait nous avoir enlevé? C’est là où Ellul a plein de choses à dire:
“Tout progrès technique se paie”
Et il est essentiel selon lui de se demander justement “quel prix est ce que l’on va payer?”
En illustrant cet argument du “prix à payer” d’une comparaison avec l’Allemagne Nazi (12min), Il atteint avec brio (et fait assez remarquable: tout seul) le point Godwin (lien externe)de son monologue mais pardonnons lui, c’était une autre époque où Godwin (lien externe)en personne n’avait que 4 ans.
Ce prix à payer, cette aliénation de l’homme à la technique, ces aléas du “système technicien”, ce sont ses sujets de prédilection et dans cette interview, on comprend en 30 petites minutes de quoi le bonhomme s’est chauffé tout au long de sa vie (si les 30 min ne vous suffisent pas, vous avez 60 livres à éplucher derrière si le cœur vous en dit):
