Après une conférence mouvementée (lien externe) à Cahors, avec Mélanie et Tim, on discute tranquillement assis à l’extérieur de la poule aux potes (lien externe). Entre 2 IPA Mandala (lien externe), on discute pas mal de la fameuse questions de nos conditionnements, de nos préjugés et forcément je leur parle de la vidéo d’Usul (lien externe) qui traite magnifiquement de cette science de nos conditionnements qu’est la sociologie.
Salut Mélanie et Tim,
J’ai regardé ce dont je crois tu parlais Mélanie, le fameux “man spreading (lien externe)”:
“ attitude corporelle masculine consistant à prendre toute la place, notamment dans les transports en commun”
Ta réaction s’inscrit je crois dans la troisième stratégie de l’article ci-dessus (tourner en ridicule une demande qui devient illégitime) :). Alors oui, dans une époque où 8 personnes concentrent autant de richesse que les 3,5 milliards les plus pauvres, on peut trouver ce constat/revendication un poil “anecdotique”, entre guerres et attentats, un type qui se répand comme de la guimauve sur une banquette de métro, on se dit qu’on s’en fout un peu …
Peut-être … encore qu’il est quand même intéressant de se demander pourquoi une moitié d’une population a tendance à serrer les jambes pendant que l’autre s’étale généreusement. Parce que se poser cette question, aussi futile puisse-t-elle paraître, c’est surtout se poser toutes les autres. C’est admettre que notre “libre arbitre” (s’il existe (lien externe) …) est quand même sacrément formaté, sculpté et programmé par un environnement en partie contrôlé. Comme le dit Todd dans le vidéo d’Usul dont je vous parlais:
“L’idée même de la sociologie, c’est que les gens, les individus sont le jouet de forces qui les dépassent”
La sociologie, n’est ni “excusante”, ni “accusante”, ni “de-mouches-enculante”, elle essaie simplement de comprendre et d’expliquer des tendances sociétales pour que la société puisse prendre conscience de ses conditionnements et devenir libre de les garder ou de les modifier en fonction des idéaux qu‘elle veut porter.
De la même manière qu’on ne rend pas responsable des tremblements de terre les géologues “qui y cherchent en permanence des explications géologiques”, il est un poil “hasardeux” de rendre les sociologues responsables des maux sociaux qu’ils tentent d’expliquer. Quand on tente d’expliquer pourquoi certaines populations sont sur-représentées dans l’univers carcéral aux USA, on n’excuse en rien les crimes commis, on cherche simplement à comprendre les forces sociétales à l’œuvre qui ont abouti à une telle situation pour pouvoir peut-être y pallier. Mais c’est tout l’intérêt du politique (Sarkozy, Valls, Boutik en tête) de rejeter les maux de la société sur des individus “dérangés” car ce faisant ils dédouanent la société (et donc eux) de toutes responsabilités, c’est tellement plus simple de ne surtout jamais se remettre en question.
C’est ce qu’explique Usul avec brio, rythme et clarté dans cette vidéo: