Comme j’essayais de t‘expliquer, je sais pas vraiment pourquoi, je sais pas si c’est le texte, les images, la voix envoûtante de cette femme, la musique qui au moins à un moment est “Spiegel im spiegel (lien externe)” de l’estonien Arvo Pärt (lien externe) mais quelque chose dans cette vidéo me calme et m’apaise extraordinairement.
On comprend tous qu’à une certaine échelle, nous ne sommes pas grand chose, voire même strictement rien du tout. Et pourtant dans l’agitation et l’effervescence de ce qu’on pense être des grands rendez vous de notre vie, on dé-comprend cette insignifiance ou du moins, on ne la ressent pas vraiment. Tout ce qui nous touche décroche instantanément le statut de “ma vie (et très probablement le sort de la planète) en dépend”. Au final c’est comme toujours, comprendre c’est génial mais ce n’est pas ça qui nous change, qui nous pousse et qui nous transforme. C’est un exactement comme quand un ami, bien intentionné, mais aussi fin qu’un Lucas au bord d’une piscine (lien externe), vous dit:
Votre pote psy en carton: “Non mais il faut que tu comprennes qu’il faut que tu arrêtes d’y penser, juste n’y pense pas”
Vous, terrorisé par quelque chose qui arrive: “Ouais, super! Merci! Ça m’aide beaucoup, je vais y penser justement à ne pas y penser …”
Tout le monde comprend bien que que lorsqu’un truc nous paralyse, nous terrorise, il est logique de ne pas y trop penser, mais c’est rarement aussi simple. La compréhension de ce qu’il faut faire/être n’est pas suffisante et n’est parfois même pas nécessaire. Si on a la chance d’être naturellement apaisé, on a aucun besoin de savoir comment fonctionne l’apaisement, on le ressent, on l’est, on s’en fout un peu de comment ça marche, à part si on veut la transmettre.
C’est exactement le même fonctionnement qu’une langue maternelle et une langue apprise, il n y a pas pire qu’un français pour expliquer le fonctionnement de la grammaire française et de ses millions d’exceptions. On a aucune idée de pourquoi on dit “une maison rouge” et pas “une rouge maison”, mais clairement “une rouge maison”, à l’oreille, ça écorche. Il doit bien y avoir une règle dans un bescherelle (lien externe) par là, on dit bien “une belle fille” et pas “une fille belle” donc doit y avoir une méthode pour faire la différence mais nous, on “sent” juste que ça sonne pas bien… Le mec qui apprend le français en face par contre, on l’a pas fait avancer d’un pas …
Cette vidéo donc (me suis égaré sur mon truc de ressenti là) a cette capacité incroyable de nous faire comprendre et surtout ressentir notre propre insignifiance et surtout de nous faire prendre conscience de la liberté infinie qui en découle: