Au final, on ne peut jamais se considérer comme la source ultime de nos choix car si on tire le fil un tant soit peu, on remonte cet enchaînement, cette cascade de causalités et on s’aperçoit rapidement que cette cascade remonte toujours hors de nous et que cette “source” doit par conséquent également être “hors” de nous. Ces choix sont soit le fait de l’ “âme” qu’on vous a refilée le jour de la grande distribution et sur laquelle vous n’avez pas été vraiment consulté, soit le fait d’états mentaux résultant d’un cerveau (mal)-façonné par une série d’événements (environnement, éducation, amis, génétique, concours de circonstances, hasard) que vous n’avez pas plus choisi que l’âme de départ ou bien la tumeur de Whitman.
On ne choisit ni notre âme (si tant et qu’elle existe), ni notre génétique qui dicte une partie de nos (ré)-actions, ni notre environnement qui nous conditionne à exécuter l’autre partie de nos (ré)-actions, comment peut on encore parler dans ce cas de libre arbitre? A quel moment sommes nous l’ultime source des choix qui nous façonnent et qui font de nous ce que nous sommes? Comment dans ce cas peut on encore croire au libre arbitre au sens classique?
Et c’est bien ce que Spinoza a aussi bien senti que formulé à son époque:
“Les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs désirs
mais ignorants des causes qui les déterminent.”
Et ce que dit Spinoza, c’est que nous n’avons aucune prise sur ces causes qui déterminent nos désirs et que nous n’avons par conséquent aucun libre arbitre, il s’agirait simplement d’une illusion, d’une illusion extrêmement bien faite certes mais illusion quand même.
Pour moi la personne qui explique et illustre cette vision du libre arbitre de la plus limpide des manières, c’est Sam Harris: