Après un énième débat sur la pertinence ou non de l’orthographe inclusive (est ce vraiment là qu’il faut mettre son énergie si on veut lutter pour l’égalité hommes/femmes?), affalés sur un canapé, Théo me montre une vidéo qui lui a plu parce que justement, elle effleure finement cette question du “radicalisme” et de la meilleure manière de faire avancer une cause.
Yo Théo,
On a toujours ce réflexe, à chaque fois qu’on discute avec un pote hyper militant ou bien une amie hyper radicale pour des causes qui leur tiennent à cœur, on a en commun cette bouffée de tempérance qui nous assaille:
“oui je te comprends, t’as complètement raison mais c’est pas comme ça qui faut s’y prendre. Ta cause là, c’est une cause parmi tant d’autres, c’est pas forcément la plus importante et c’est pas en gueulant sur tous les toits que tu vas rallier d’autres personnes. Il faut y aller progressivement, il faut convaincre, il faut donner envie. Tes vidéos là qui montrent à tout un chacun qu’il est une sombre merde, bah ça va jamais donner envie à quiconque”
Alors bien sûr, ça semble évident et intelligent de réagir avec mesure, de penser au prochain pas, de partir de l’homophobie haineuse de quelqu’un et l’amener petit à petit (voire génération après génération si on est vraiment pas pas pressés) à accepter que d’autres sexualités que la sienne peuvent exister et que le monde ne s’en consumera pas dans des flammes infernales pour autant. Bien sûr qu’il faut toujours que certains essaient de d’être pédagogiques et diplomates, réfléchissent à la meilleure manière de faire passer la pilule de leurs idées. Mais pour avancer, pour avoir l’énergie d’aller jusqu’au bout de certains idéaux et de certaines injustices, pour ne pas perdre le cap, n’est il pas nécessaire que certaines personnes soient très radicales, intransigeantes et extrêmes (par rapport à ce qu’on considère être la réaction mesurée ou “normale”) dans leurs prises de position? Ne sont elles pas utiles et nécessaires sans constituer pour autant une panacée?
De l’intérêt de la radicalité
C’est je crois ce qui est évoqué dans ce très intelligent épisode de la playlist Chrono (lien externe) (vidéo de 2 ou 3 minutes, dopés par une mosaïque de clips permanente, sur des questions aussi fascinantes les unes que les autres):
