Regretter, c’est possible?

Avachis à la mécanique des fluides, devant une pinte (de trop?), la grande question métaphysique du jour concernait les regrets, est ce qu’il faut en avoir? Qu’est ce que ça signifie au final d’en avoir? Et puis en fait, existe t-il vraiment des choses qu’on regrette complètement?

Yo Cyrielle Molin (lien externe),

J’ai la chance que parfois des gens viennent me poser des questions, je dis de “la chance” parce que j’aime bien répondre aux questions quand il s’agit de sujets où je pense avoir 2/3 éléments de réponse qui peuvent faire évoluer la grille de lecture d’autres personnes.

Et souvent, le monde étant occasionnellement bien fait, c’est justement sur ces sujets qu’on me questionne.

Me voilà face à 2 étudiantes qui ont pour mission de faire un cours sur les nouveaux types de “management” à leurs compères de TBS, thème à la mode s’il en est, les nouveaux management sont aux écoles de commerce ce que l’intelligence artificielle est aux ingénieurs et ce que la permaculture est aux … colibrippies. Les profs sont de moins en moins bêtes ou bien de plus en plus fainéants (ce qui équivaut au final assez souvent au même), plutôt que de galérer à rester à jour sur ces thèmes qui évoluent aussi vite que le compte twitter de Donald, ils envoient les marmots au turbin à leur place.

Les questions défilent, j’y réponds avec les bribes d’expérience accumulées lors des 5 dernières années où je me suis chaque jour rendu compte que toutes ces thématiques “RH” étaient:

“toujours beaucoup plus complexes que ce qu’on pouvait en penser de prime abord”

Parce que quand on est un peu plus jeune et qu’on participe à la création d’une entreprise, on se dit qu’on va tout faire beaucoup mieux que tout le monde … forcément. On va faire un truc basé sur la “confiance” et ça va être tout simplement génial!

Parce qu’avant nous, personne n’y avait songé à tout baser sur la confiance.

Et puis arrive la fin de l’entretien, et elles me posent la question létale:

“Quel est votre (ah oui parce que ça a du mal à tutoyer les “vieux” ces bêtes là!) plus gros regret?”

“…”

Je turbinais pour en trouver un, quelque chose qu’on avait fait et que je “regrettais”.

Elles n’étaient pas folles, elles ne sont pas venues me chercher sur mes plus grosses “erreurs”, elles voulaient sans doute se laisser une chance de partir avant la décharge complète de la batterie.

Non, il s’agissait de mon plus gros “regret”, et ça pour moi, c’est immensément difficile. Regretter quelque chose, c’est quelque part admettre qu’on aimerait être ailleurs que là où on est, être quelqu’un d’autre que celui qu’on est. Avoir un regret, ça signifie qu’on aimerait avoir, à un moment donné, fait un autre choix (encore faut il croire à la possibilité d’un choix, #LibreArbitre (lien externe)) et être désormais dans une “autre vie”, fucking échec!

Et ça je ne veux ni ne peux l’admettre, je ne veux être nulle part ailleurs, ni être quiconque d’autre que moi, j’ai une seule option, c’est celle là et mon sport c’est d’apprendre à la trouver unique, magique et magnifique.

Si je n’avais pas fait les milliards de conneries que j’ai faites, je n’aurai jamais pu comprendre les milliards de choses que j’ai aimé comprendre, je n’aurai jamais pu discerner au loin les choses de plus en plus nombreuses que je ne comprends pas encore et que je ne comprendrai, pour l’immense majorité … jamais. Cette vision du monde, cette appréhension des autres qu’on a la chance d’exercer et de mettre à l’épreuve chaque jour, elle est forcément issue de tout notre passé, il n y a pas de regret à avoir, il ne peut quelque part pas y en avoir!

C’est ce concept qu’illustre plus parfaitement que je ne le ferai jamais l’anecdote du fermier Chinois, magnifiquement racontée par une sorte de Gandalf-Philosophe-Gourou-Professeur des années 60/70, Alan Watts:

Et même avoir été addict à la nicotine sous sa forme la plus brutale (c’est à dire une sorte de terre de tabac dont tu fais de petites boulette que tu te cales gentiment sous la lèvre supérieure, yummi) aura été pour moi, une expérience incroyable pour toute la compréhension de soi et de son fonctionnement que l’arrêt d’une addiction laisse dans son sillage.

C’est surement un discours qui est bien bien facile à tenir quand on a 32 ans et que tout va bien, j’en suis bien conscient, je travaillerai simplement très fort à être capable de le tenir encore longtemps!

Pace é Salute,

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