Confortablement emballés dans les couettes d’un refuge de montagne, à la lueur d’une frontale, chacun lit paisiblement. Pour ma part, j’ai laissé trop de neurones dans l’effort pour lire autre chose qu’Astérix en Helvétie, lecture régulièrement interrompue par les exclamations enjouées et longuement explicatives de Fred qui est en train de s’envoyer le livre le plus intelligent que j’ai lu ces dernières années.
Yo Fred,
Pour ma part, une des choses que le fabuleux livre Sapiens (lien externe), d’Harari m’a fait toucher du doigt, c’est le mauvais usage qui est parfois fait du concept de “naturel”. Dans les débats éthico-philosophico-religieux, on entend souvent parler de ce qui serait naturel VS ce qui ne le serait pas. Ce livre m’a fait réaliser en 3 paragraphes aussi incisifs qu’un All Black dans les 22 français, que ce qui n’est pas naturel n’existe tout simplement pas … et ce pour une raison quant à elle toute … naturelle:
Par définition, si ça existe, c’est tout simplement que c’est … naturel
Commençons par quelque chose de “basique (lien externe)”, certains (certes de plus en plus rares, espérons le) disent par exemple que l’homosexualité ne serait pas naturelle, elle serait même “contre-nature”, carrément! Mmmmmh, voyons voir, un mec est à priori capable d’une érection à destination d’un autre mâle afin de lui donner du plaisir sexuel (on peut faire pareil avec les femmes, l’érection en moins), en quoi ça pourrait ne pas être naturel du coup? Et de manière générale, si des gens ont envie d’être ensemble et le font, en quoi ça ne serait pas “naturel”?
Alain Delon a bien son avis (toujours lumineux) sur la question, qui ne doit d’ailleurs pas être loin de celui de Brigitte Bardot, autre actrice de la même génération à l’ouverture d’esprit elle aussi vertigineuse:

