Le questionnement prend un degré supplémentaire lorsqu’on se rend compte que l’un des plus grands malheurs de l’homme, c’est peut-être justement d’avoir commencé à comprendre. Commencé à comprendre que :
Avant ces éclairs de “génie”, nous étions (à priori) peinards à profiter du “moment présent”, les doigts de pied en éventail dans les plaines d’Afrique. Un chasseur cueilleur œuvrait simplement 3 ou 4 heures chaque jour (1) afin de subvenir à ses besoins (recherche de nourriture, recherche d’un abri pour la nuit) et pouvait ensuite gambader, se prélasser et siester paisiblement en attendant que le soleil finisse sa course.
Puis, nous avons ouvert la boîte de Pandore : nous avons commencé à nous projeter, à penser aux lendemains (potentiellement nombreux), à pré-voir …
L’expression “boîte de Pandore” est d’ailleurs plutôt appropriée quand on pense que ce que symbolise le pêché originel (“Adam et Eve”, “boîte de Pandore”, même histoire, même symbolique, déguisements différents (2)), c’est justement le gain de cette conscience qui fit de nous des “humains” au sens où on l’entend. Mais comme rien n’est gratuit en ce monde, nous dûmes en contrepartie faire une croix sur une certaine insouciance et surtout sur le droit de vivre dans “un paradis terrestre”, et ça, ce n’est pas rien !
L’histoire d’Adam et Eve n’est en fait que le récit mythologique de la perte par l’être humain de l’innocence animale, celle qui ne réalise rien, qui n’a pas “conscience” et qui n’a donc aucune responsabilité.
Le revers de la médaille de cette immense connaissance, c’est une, au moins aussi immense, responsabilité. Si notre espèce est assez grande pour comprendre, elle l’est également pour être responsable des actions qu’elle s’échine à accomplir dans les limites toujours repoussées (mais toujours infiniment étroites) de sa connaissance du monde.