Et lorsqu’on pousse plus loin l’expérimentation, on réalise que ces différences d’interprétation s’appliquent à toutes les situations auxquelles les individus sont confrontées. Par exemple, les occidentaux vont avoir tendance à donner énormément d’importance à l’influence des traits personnels dans ce qui arrive aux autres :
“ s’il s’est mangé les dents sur le trottoir, c’est tout simplement parce qu’il ne sait pas marcher ”
Notre positionnement s’avère par contre être beaucoup plus “clément” lorsque nous tombons nous-mêmes toutes dents contre terre, dans ce cas-là, pas plus de remise en question que ça, ni une ni deux, les explications qui nous dédouanent commencent à gibouler :
* “ Ce trottoir est vraiment dans un sale état ”
* “ C’est le bus qui m’a fait peur en passant trop près, j’en ai perdu l’équilibre ”
* “Mais c’est pas une hauteur pour un trottoir ça, il nous ont pris pour des juments les urbanistes ?”
Et c’est cette surestimation de l’influence des traits personnels chez les autres que ne semblent pas pratiquer (ou bien “moins”) les asiatiques, qui restent sensibles aux informations de contexte — qu’il s’agisse de ce qui leur arrive ou de ce qui arrive à leur voisin. Pour eux, quelque part, c’est toujours un peu de la faute des urbanistes si on se plante la tête dans les trottoirs. De là à dire que la culture occidentale nous formate à ingurgiter sans trop broncher le fameux “quand on veut, on peut” (4), il n y a qu’un pas que personnellement je franchis allègrement.
Mais surtout, ce qu’illustre toutes ces expérimentations, toutes plus incroyables les unes que les autres, c’est que le pouvoir de la société et de la culture est quasi-infini.
Non seulement, notre culture nous donne les clés de lecture et d’interprétation de ce que l’on observe mais elles vont même jusqu’à nous dicter ce que l’on “choisit” de vraiment observer.
Nos gênes sont peut-être notre palette (et oui tu viens de comprendre la photo de couverture) de départ mais ces études tendent à montrer que notre environnement et notre culture ont autant de pouvoir sur nous que des peintres sur leurs toiles et pourraient tous nous transformer en chefs-d’oeuvre. De la même manière qu’il est évident qu’un peintre peut faire un chef d’oeuvre avec un bout de charbon et que je peux faire une croûte avec 36 millions de couleurs et une palette graphique, notre société peut faire de nous des monstres comme des humains magnifiques et ce quelque soit notre palette génétique de départ.
Et c’est pour inventer et construire cette culture qui nous sublime tous qu’il faut que nous nous battions tous !
Pace é Salute,
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