Pourquoi a-t-on aussi souvent l’impression de savoir quoi faire et à peu près aussi souvent celle de faire l’exact opposé ?
Et surtout n’y aurait-il pas des moyens d’accorder - ne serait-ce qu’un poil plus - ce que nous savons qu’il faudrait que nous fassions, avec ce que nous faisons effectivement ?
Par exemple, j’ai peur de la mort, depuis tout petit, c’est un truc qui me terrorise et me terrifie. Cette peur, elle n’est pas venue seule, elle est arrivée accompagnée de son reflet : la folle envie de profiter de ce magnifique don que m’ont fait mes parents et un soupçon de bonne fortune.
Cette puissante volonté de faire le meilleur usage de ce cadeau me persuade et me fait comprendre chaque jour qu’il est vital de se focaliser radicalement sur ce qui “compte”, sur les fameuses “balles de golf” et de joyeusement pisser sur le tout aussi fameux “sable” du bruit quotidien. J’en suis tellement persuadé qu’un de mes premiers articles traite justement de cette métaphore balles de golf/sable/bière :
Un singe producteur de balles de golf?
Un enfant qui arrive, une vie qui se transforme et deux amis qui se retrouvent, c’est le moment parfait pour discuter…apreslabiere.fr
Et j’ai beau avoir l’impression de savoir faire la différence entre ce qui “compte” et ce qui “ne compte pas”, je suis toujours happé par le stress des choses qui n’ont pas vraiment d’importance. J’essaie très fort mais je ne parviens pas, autant que je sais qu’il m’est possible de le faire, à apprécier tous les instants magiques de conscience qui me sont servis sur un plateau. J’ai beau savoir que ce cadeau incroyable est aussi fragile que les acquis sociaux dans une start-up nation en marche, j’ai beau en être intimement persuadé, j’ai beau le comprendre jusqu’au plus profond de mes entrailles, je n’arrive pas à vivre tous les instants avec le dixième de l’intensité dont je me sais capable.
C’est un immense paradoxe de ne pas parvenir chaque jour à m’émerveiller de tout et tout le temps, bien que je sache que “tout ça”, que le fait d’être conscient en ce moment même, dans cette enveloppe-là, sous cette étoile là, sur cette planète là, c’est bien plus miraculeux que de remporter l’euro milllions 28 fois d’affilée (#ProbaForDummies).
Notre compréhension n’entraîne rien d’autre que … notre compréhension. Celle-ci ne suscite pas toujours (lire : quasiment jamais) l’ “action”. Ce paradoxe individuel et collectif nous fait agir au mieux bien trop longtemps après qu’on ait compris, au pire … jamais.
Et ce paradoxe s’applique à de nombreuses situations, à toutes celles qui nécessitent qu’on agisse justement :