(Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire, vous pouvez écouter la lettre ici (lien externe))
Aujourd’hui, on sent parfois poindre un conflit des générations : une génération en veut à la seconde de l’état dans lequel elle “laisse” le monde et la seconde ne comprend pas les tentatives loufoques de la première. Ce conflit se décline souvent à travers les discussions denses et tendues que nous avons, entre saucisses et purée, avec ceux qui nous ont déposés “là”. C’était donc le moment de leur écrire une lettre pour essayer de mieux se comprendre et se donner, ainsi, les moyens d’avancer ensemble.
Très chers parents,
Même si nous n’avons rien à nous faire pardonner, nous pouvons quand même vous dire que :
Nous sommes désolés, sincèrement, de ne pas suivre vos conseils.
Nous sommes désolés de vous faire souffrir en explorant des chemins qui sont, selon vous, périlleux, risqués et parfois sans issue.
Nous sommes désolés de ne pas pouvoir, comme votre génération a pu et su le faire, avoir foi dans des lendemains qui chantent.
Nous sommes désolés de ne pas pouvoir vous rassurer « matériellement ».
Nous sommes désolés de ne pas pouvoir, avec la sérénité qui fut la vôtre, prendre votre flambeau et partir éclairer le reste de la grotte que l’humanité explore depuis la nuit des temps.
Nous sommes désolés (pour certains d’entre nous) de ne pas pouvoir vous apporter la sérénité et l’apaisement de la perspective d’une immortalité génétique. Quand on y pense, peut-être que l’immortalité génétique de notre espèce passe par une plus grande sobriété de nos “réplications” individuelles ?
Nous sommes désolés de, parfois, ne pas vous comprendre et de trop souvent, perdre notre calme quand vous nous dites simplement que

