Vivre à distance tout en restant proches !

(Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire, vous pouvez écouter l’article ici (lien externe))

Clairement, n’essayons pas de parler d’autre chose, le Corona est partout, dans nos esprits et sûrement dans nos corps, aujourd’hui ou bien alors demain.

Comment penser à autre chose ?

Comment notre attention peut-elle ne pas être entièrement focalisée sur cette menace, certes invisible mais qui prend rapidement forme, dans des proportions et des projections de plus en plus vertigineuses ?

Cela fait des jours que je “joue” avec les chiffres dans des feuilles excel, que j’aligne les colonnes et que je fais varier les pourcentages de croissance des cas détectés et des décès certifiés pour comprendre où tout cela peut nous mener.[1] (crochets = source en bas de l’article)

J’ai passé des heures à lire les articles de vulgarisation, tous aussi pédagogiques les uns que les autres.[2][3][4]

J’ai relayé des dizaines de posts, retweeté à la pelle pour hurler #distanciationSocialeNOW et #StayTheFuckHome au plus grand nombre. Samedi soir, une trop grande partie d’entre nous profitait d’une dernière pinte pour la “route” tandis que d’autres le lendemain matin se sont chaleureusement embrassés dans les allées des marchés, une baguette sous le bras … chaleureusement 

Et puis j’ai eu le vertige en écoutant Boris Johnson[5] ou bien Blanquer[6][7] dire clairement qu’IN FINE, la stratégie adoptée était l’immunisation (hypothétique) de groupe. C’est à dire accepter qu’une immense partie des populations soit infectée.

50% de la population française infectée selon Blanquer donc. Si on prend un taux de mortalité de 0,5% (taux hyper bas des coréens qui ont testé beaucoup de monde et dont le système n’a pas implosé)[8], on n’a pas vraiment besoin de Vilani pour conclure. Avec ces hypothèses, plutôt optimistes selon certains, on aurait quand même 300 000 morts en France. Solide la gripette !

Et quand je prends du recul, je sais qu’il est impossible, malgré l’envie, de juger ces décisions. C’est impossible parce que des épidémiologistes eux-mêmes disent que sincèrement, dans le cas auquel nous faisons face aujourd’hui, dans les proportions de la pandémie actuelle, l’humanité n’a pas, dans sa besace, ce qui serait considérée comme une “bonne” stratégie [9].

C’est par contre unanime, le maintien des municipales ne faire partie d’aucune besace sensée et nous nous en souviendrons le moment venu. Mais ça ne change pas la direction de notre affaire actuelle même si ça l’aggrave très certainement.

Alors laissons les hypothétiques décomptes un instant, aussi vertigineux soient-ils. Nous pouvons et nous devons bien sûr ralentir la pandémie autant que faire se peut, en ayant une discipline de fer (#DistanceSociale) mais nous ne pouvons à priori plus l’arrêter. Le coup est parti. Tôt ou tard, la pandémie se diffusera. Nous avons été trop lents, nous SOMMES beaucoup trop lents.

Tout porte à croire que nous allons vivre une hécatombe mondiale.

Et ce n’est pas plus alarmiste de dire cela que de dire que le changement climatique constitue une menace existentielle. Dans un monde aussi fragile et déséquilibré que le nôtre, décrire un avenir probable, aussi terrible soit il, ce n’est pas être alarmiste. C’est simplement tenter de regarder notre avenir en face et décrire la réalité, pour la comprendre et l’affronter de la manière la plus rationnelle possible !

Pour ceux qui ne veulent pas y croire, je comprends sincèrement. La brutalité de la réalité était bien cachée, hors du champs de vision de la majorité jusqu’il y a quelques jours et elle nous a tous frappé de plein fouet. Il est logique qu’on mette un peu de temps à encaisser.

Mais hélas, que tu le veuilles ou non, tu finiras, non pas par y “croire”, mais par en faire l’expérience. Le plus tôt nous l’accepterons, le plus tôt nous pourrons vraiment combattre, ensemble.

Et oui, je te tutoie car le vouvoiement n’a plus de sens, nous sommes tous dans le même bateau. Pour la première fois depuis bien longtemps, nous allons le ressentir car :

“Le virus ne fait aucune différence, pour lui, nous sommes tous semblables. Il a compris ce que nous peinons encore à comprendre.”

Alors que faire lorsqu’on s’apprête à vivre une époque aussi radicalement incertaine et aussi certainement tragique ?

Malgré nos tentatives savantes d’autruchade, le tragique fera partie de nos vies d’occidentaux qui se croyaient pourtant à l’abri pour toujours.

On peut se lamenter sur notre destin, de la même manière qu’un caillou peut trouver la gravité injuste. Mais le destin en a autant à foutre de nos lamentations que le coronaVirus en a à foutre de notre courage à deux balles quand il s’agit “de vivre et de s’embrasser” malgré sa présence.

On peut également être tentés de tirer les leçons de cet échec et de l’épreuve qui s’en suit mais c’est trop tôt, l’épreuve n’a même pas commencé.

Non, ce à quoi il faut pour l’instant s’atteler, c’est se préparer à traverser au mieux cette épreuve !

C’est tout faire pour transformer les foyers épidémiques en foyers de solidarité, de courage et d’humanisme.

C’est trouver des méthodes pour que les jeunes, en bonne santé puissent venir en aide aux plus fragiles.

C’est apprendre à vivre à distance tout en restant proches.

C’est re-découvrir que pour être heureux il ne faut quasiment rien.

C’est observer l’animal social que nous sommes et nous apercevoir que ce qui nous manquera le plus, ce sont les autres.

C’est unir nos forces pour que nos infra structures, notre culture et les bases de notre société solidaire traversent cette épreuve.

C’est essayer de faire avancer l’humanité dans des périodes où il est si vite arrivé qu’elle recule.

C’est avoir en tête que tout seul nous ne sommes rien et que sans les autres, ça ne rime à rien.

Dans son livre “le monde d’Hier”, l’auteur Stefan Zweig parle de la génération de ses parents qui a vécu dans l’Europe en paix d’avant la première guerre mondiale et qui est passée “au large de toutes les crises et de tous les problèmes qui broient le cœur, mais qui aussi l’élargissent prodigieusement” contrairement à sa génération …

Et à la nôtre …

Force, cœur et honneur !

PS : n’hésitez pas à mettre vos idées, les initiatives que vous connaissez, en commentaires, j’en sais pas plus que vous. Il faut qu’on trouve, il faut qu’on fasse, il faut qu’on invente !

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Sources / Liens / Pour aller plus loin de l’article :

[1] — Mon fichier avec mes petits calculs (lien externe) de coin de table. N’hésitez pas à me demander les droits d’écriture si ça vous dit d’y ajouter votre patte.
[2] — L’article (lien externe) qui m’a fait réaliser que ce truc allait chambouler notre monde, notre monde.
[3] — Les calculs d’Olivier Berruyer : “Chaque jour compte (lien externe)
[4] — Les calculs (lien externe) du biologiste évolutionniste Stéphane Debove
[5] —Boris Johnson tente l’immunité de masse (lien externe)
[6] — Blanquer aussi (lien externe)
[7] — D’après le Figaro, ça serait plus ou moins la stratégie implicite du gouvernement (lien externe)
[8] — Même article (lien externe) que [2] mais plus précisément, la partie 2
[9] — Un thread (lien externe) twitter d’un épidémiologiste qui admet qu’il …. ne sait pas … et qui explique pourquoi… Pour lui, finalement, il n y a pas de “bonne” stratégie.