Je parle souvent de cet ennemi intérieur [2] mais dans ces moments, où pour au moins quelques semaines la meilleure chose à faire sociétalement est de rester chez soi et de ralentir, on le sent s’agiter avec encore plus de vigueur. On distingue en nous-mêmes cet ennemi intérieur de la lenteur, de la sobriété et de la décroissance. Quelque chose en moi a un besoin difficilement répressible que ça bouge, que ça avance et que ça grandisse.
Et je vois à quel point cet exercice est difficile voire impossible pour certains. Nombreux sont ceux qui cherchent et trouvent toutes les explications et prétextes possibles pour devoir sortir, pour se rendre utile, pour absolument faire quelque chose, pour AGIR « quoiqu’il en coûte ».
Je ne suis pas contre l’action, bien entendu qu’il faut agir. Mais on discerne parfois, derrière l’action, non pas la volonté d’œuvrer pour le bien commun mais simplement la peur d’être confronté à soi-même, à son impuissance, au vide de l’existence et finalement à sa propre mort. [3]
Le confinement, c’est peut-être l’occasion pour tout le monde de s’affronter ?
Comme l’improvisation théâtrale est la meilleure métaphore de la vie [4] que j’ai trouvé et pratiqué, je citerai un de mes professeurs d’impro qui m’a justement dit un jour :