L’humain a cette tendance incroyable à s’identifier à tout et n’importe quoi. Nous nous identifions à ce que nous possédons (la belle maison, la belle voiture), à nos relations (amis, partenaires) et de manière encore plus intime et sournoise à ce que nous « pensons ».
Plus sournoise car, contrairement aux possessions et aux relations, nous le croyons vraiment. Nous sommes rationnellement persuadés que nous sommes ce que nous croyons. Autant, nous pouvons admettre que notre voisin « n’est pas » sa piscine, autant il est extrêmement difficile d’envisager que lui et ses épouvantables idées ne constituent pas un tout aussi uniforme que détestable.
Il est tout à fait concevable que mon voisin soit une sombre merde bien que possédant tous les attributs extérieurs de richesse qui, selon moi, démontrent la réussite. Il semble en revanche inconcevable qu’une « humanité complexe », avec des défauts et des qualités, se camoufle derrière mon voisin fasciste. Ses idées et ses pensées — que je qualifie de — fascistes le transforment totalement et irrémédiablement en une énorme raclure. Or on ne parle pas, on n’échange pas et on ne fait pas société avec une enflure. Mon voisin est une enflure de fasciste, il n’est d’ailleurs désormais que ça. A la baille ses autres facettes.
Comment faire alors ?
Nous devons tous œuvrer à détacher, autant que faire se peut, l’image que nous entretenons de nous-mêmes, de nos dogmes et de nos croyances. Pour cela il faudrait probablement commencer par accepter que quelle que soit notre vision du monde, elle est toujours basée, à un moment donné, sur des dogmes.
Certes certaines de nos croyances semblent plus stables et solides que d’autres mais il existe nécessairement une profondeur à laquelle les racines de nos croyances se terminent. Si chacun de nous pouvait l’admettre, ce serait un premier grand pas.
Nous pourrions alors faire le second : détacher ce que nous sommes de ce que nous pensons. Si quelqu’un me fait la tendre remarque