En l’espace de 4 ans, nous sommes donc passés de 10% de la population française totale (bébés et 5ème âge compris donc) possédant un portable à 60% (en gros tous les actifs adultes). Notez l’atteinte du assez délirant 108% de pénétration de marché en 2012, dernière année où cette donnée semble disponible. Passé cette date, on a à priori arrêté de calculer cette valeur. Si les 100% ne sont en fait pas une limite, ça ne peut pas non plus rester un objectif. Pourquoi pas 200%, 1000%, 10 000% ? A quoi bon calculer un taux de pénétration qui n’a plus aucun sens ?
Si l’on veut se rendre compte de la vitesse à laquelle les choses peuvent changer, il suffit de se rappeler de ces quelques chiffres :
Dans “certaines” conditions, les paradigmes techniques changent en ce qui à l’échelle de l’Histoire n’est qu’un “instant”.
Nous ne sommes pas à l’abri que ces exponentielles nous permettent de sortir, demain, de certaines de nos ornières et notamment l’ornière “énergie décarbonée”, ornière parmi les ornières. Evidemment rien n’est certain — et peut-être ne serait-ce même pas une bonne nouvelle — mais je pense qu’il est étrange d’être à priori fermé à cette éventualité.
Vu l’ampleur des phénomènes actuels — contrainte énergétique, changement climatique, chute de la biodiversité, pollutions diverses, variées et massives — toutes les évolutions techniques du monde ne nous permettront pas d’éviter l’ouragan qu’on appelle pudiquement “transition”.
Pour atténuer ou bien pour encaisser les rafales à venir, il y aura des changements de comportement radicaux et quasi-impensables aujourd’hui. Lorsque le “moment” viendra, sans même y penser, l’évolution de nos comportements, de nos habitudes et de nos modes de vie se fera elle aussi avec une rapidité “exponentielle”.
Et s’il y a bien une chose que l’humanité sait faire, c’est d’inventer des cultures. Les changements culturels, nous en sommes tout autant capables que les évolutions techniques, si ce n’est davantage…