Des systèmes de valeurs qui reflètent notre environnement et nos histoires tracassées (2/3)

Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire, vous pouvez regarder le pendantLaBiere #18 (lien externe) où j’explique en live cet article.

Warning : attention, il y a potentiellement des approximations et peut-être même des inexactitudes dans cet article. Je transmets simplement ce que je pense avoir compris. Certains points sont, de ce que je comprends, encore âprement débattus. Les retours sont d’autant plus les bienvenus.

Dans le premier article de cette série “tracassée”, nous avons vu des histoires, des dialogues et des expériences de pensée qui, en nous poussant dans nos retranchements, nous permettent de comprendre que derrière nos doutes, il y a des systèmes de valeurs, ô combien, complexes.

Homo Sapiens, une espèce légèrement tracassée (1/3)
La difficulté et l’inextricabilité de la position humaine en 3 histoires/dialogues/expériences de pensée …apreslabiere.fr

Dans le troisième article de la série (le prochain donc), nous essaierons de réfléchir aux différents scénario politiques qui se dessinent pour faire face aux différentes crises globales (climatiques, énergétiques, économiques, politiques), chaque jour plus urgentes. Dans cet environnement où les enjeux globaux vont se faire de plus en plus pressants, nos communautés humaines vont-elle avoir tendance à s’unifier ou à se diversifier ?

Afin de réfléchir à cette question, il parait essentiel de se pencher sur les interactions entre un système de valeurs, une culture et un environnement.

Prenons la valeur “liberté” en Occident, ça donne ça :

La relation “système de valeurs/culture/environnement” est une relation complexe et pour essayer d’étudier ses différentes possibilités d’évolution dans le monde climatiquement chaotique de demain, il est primordial d’essayer de mieux la comprendre. C’est, à une toute petite échelle et avec quelques exemples historiques, l’objectif de cet article.

Ces systèmes de valeurs interviennent à tout instant. Ils sont le prisme au travers duquel nous interprétons le monde qui nous entoure. Ils ont été marqués par la longue évolution de l’espèce humaine que nous partageons tous, ainsi que par l’histoire des communautés spécifiques qui nous ont vu naître.

I) Lien Culture / Environnement

Depuis longtemps, la question “à quel point les cultures humaines sont-elles le produit de notre environnement ?” a alimenté des débats scientifiques passionnants.

Une des raisons pour laquelle ce débat a été aussi passionné et acharné, c’est qu’il tente de décrire et de comprendre des objets sociaux fondamentaux et nous devons avoir à l’esprit que derrière tous les choix politiques, il y a une certaine compréhension du monde. L’enjeu ne peut pas être de “simplement comprendre le monde”. Chaque compréhension rend “possible” certaines politiques. Et même si Hume¹ nous mettait en garde il y a quasi 400 ans, tous les “descriptifs” seront un jour utilisés pour “prescrire”.

Ceci étant dit, de ma lecture, il ressort 3 grands types de position face au lien environnement/culture :

a) Un déterminisme environnemental dur

Les tenants de cette thèse pourront par exemple dire des choses comme : “si l’Occident a développé sa technique avant d’autres territoires, c’est parce que la culture occidentale s’est développée dans un climat tempéré où l’agriculture était facilitée” — En ne laissant pas la place à d’autres facteurs explicatifs, cette phrase sous entend que le climat tempéré est l’unique cause du développement technique et économique de l’Occident. Il s’agit là d’un déterminisme fort, nos cultures seraient très — voire “tout à fait” — déterminées par l’environnement dans lequel elles se développent.

Les thèses déterministes sont toujours malaisantes car elles ne laissent aucune place au “libre arbitre”, qu’il s’agisse de notre libre arbitre individuel ou bien, comme ici, de notre libre arbitre “collectif”. Un déterminisme environnemental total signifie que nous n’avons, collectivement, aucune maîtrise sur notre destinée commune.

Un des défauts de cette vision, qui se veut purement descriptive de la réalité, est qu’elle “prescrit” inévitablement l’inaction.

b) Un déterminisme plus doux, autrement nommé “possibilisme”

Les tenants de cette thèse diront par exemple que l’environnement européen a rendu “possible” une société technique. La formule à retenir est :

Nous aurions par conséquent le luxe de choisir parmi plusieurs propositions que l’environnement nous propose. C’est un déterminisme plus doux laissant davantage de place à notre “libre arbitre sociétal”. Nous pouvons agir sur notre destinée commune.

Ouf, nous ne sommes pas qu’une bille numérotée brinquebalée dans la roue du loto cosmique.

c) Une analyse plus systémique qui tente de tenir compte des boucles de rétroactions possibles entre culture et environnement

Les tenants de cette thèse³ insisteront sur les boucles de rétroactions innombrables entre culture et environnement. Plusieurs facteurs impactent le développement d’une culture, et le fonctionnement de cette même culture impactera à son tour une multitude de facteurs, qui à leur tour … bref, vous saisissez le principe de rétroaction.

La preuve en est la situation actuelle : c’est notamment grâce à un environnement et un climat planétaire stable que nous avons développé notre technique actuelle et c’est notamment à cause de cette technique que nous mettons en péril l’une des causes de notre présence : un environnement et un climat planétaire stable.

d) Ce que j’en déduis

Personnellement, en grand disciple de toutes les théories de la complexité, je pense que nous aurions tort de ne pas appliquer les principes de la complexité à des systèmes qui, de manière évidente, sont complexes. L’éco-système “Terre” et les systèmes humains sont des systèmes complexes et il est important de le poser comme base à toute réflexion. Sinon, lorsque plus tard, on tentera de simplifier certains principes pour tenter d’y voir plus clair, le risque est grand d’être taxé, au mieux de “sur-simplificateur” et au pire de “menteur”.

#LaRéalitéEstTOUJOURSPlusComplexe

Finalement, minimiser la contrainte que notre environnement va nous imposer lorsque la violence du changement climatique frappera nos sociétés de plein fouet est une manière de tenter d’augmenter “notre pouvoir d’agir” collectif. En ce sens, c’est une stratégie, à la fois “raisonnable” et typiquement “humaine”.

Mais cette stratégie a, je pense, ses limites car même si la vérité est complexe et même si les évolutions que nous connaîtrons auront des causes multi-factorielles (techniques, environnementales, sociales, énergétiques, etc etc), il est essentiel d’admettre que notre capacité à bouger les lignes, quoiqu’immense, n’est ni infinie, ni instantanée.

Lorsqu’on pense “tout pouvoir”, le risque est grand qu’on attende le dernier moment pour agir.

Oui, je pense qu’il est possible de s’extraire partiellement de la contrainte énergétique soit par la maîtrise de la fusion nucléaire, soit par la diffusion à l’échelle mondiale d’une philosophie de vie “sobre” mais ces évolutions sont elles-aussi dépendantes de nombreux facteurs et rétroactions que l’humanité aura énormément de mal à anticiper et à plus forte raison à maîtriser.

Et c’est finalement ce constat qui est le plus petit dénominateur commun de ces trois écoles : l’environnement est un des facteurs qui a toujours, parfois significativement, impacté nos cultures et nos systèmes de valeurs et continuera de le faire.

Pendant les quasi 3 millions d’années du paléolithique, tous les humains ont évolué dans des environnements relativement similaires : leur mode de vie était celui des chasseurs/cueilleurs, leur capacité à extraire des ressources alimentaires de leur environnement était limitée, ils devaient faire face à une raréfaction des ressources importante lors des périodes glaciaires, etc etc

Il est donc compréhensible qu’ayant eu à résoudre des problèmes massivement similaires dans des organisations tribales également similaires, toutes les cultures humaines aient développé un énorme tronc commun sur lequel repose toutes les cultures humaines tout en ayant également développé leur propre spécificité, leur propre “variabilité”.

II) Beaucoup de points communs dans les systèmes de valeurs humains

Pour les gens qui, comme moi, ne croient pas en une morale venue d’ “en haut” ou d’ “ailleurs”, l’une des explications les plus satisfaisantes à l’existence de principes moraux “humainement universels” est donnée par l’anthropologie moderne. Dans une étude d’anthropologie récente, il a été constaté que les grands principes moraux, communs à toutes les 60 communautés humaines observées, sont les principes qui favorisent la coopération dans un groupe.

Ce n’est pas sans rappeler les thèses d’Emile Durkheim, d’Harari ou bien de Tim Urban pour qui les religions et les fictions qui perdurent sont également celles qui nous permettent, lorsque nous y croyons et dans un contexte donné, de coopérer avec des inconnus. L’argent est l’exemple typique d’une fiction qui nous permet de coopérer efficacement à l’échelle globale.

Les valeurs morales universelles ne seraient qu’une autre forme de ce même type d’histoires, encore plus profondément ancrées dans nos cultures et peut-être même jusque dans ce que certains appellent notre sens moral. Ainsi, les principes qui favorisent la coopération dans les communautés humaines sont considérés comme des principes “moraux” par tous les humains.

S’ils sont communs à toutes les communautés observées, c’est donc simplement le signe que notre histoire est massivement similaire. Ce sont les mêmes “stratégies morales” qui ont émergé des mêmes “situations sociales”.

Le fait que tous les systèmes de valeurs observés aient une grande base commune ne signifie donc pas que cette base soit “absolue” mais plutôt qu’elle a “émergé” de l’histoire des communautés humaines. Les principes qui la constituent ont tous été un bon moteur de coopération dans l’immense majorité des contextes que l’histoire humaine a traversés, notamment lors de la longue période du paléolithique.

III) Les différences culturelles ont pu également être façonnées par des circonstances extérieures différentes

Selon l’anthropologue Bennett, la variabilité des cultures est notamment due à des différences environnementales. Les environnements hostiles offrent moins de “possibles”, ils contraignent davantage les cultures que des environnements plus hospitaliers. Ainsi dans un environnement difficile, les anthropologues observeront plus facilement la corrélation entre la culture et l’environnement dans lequel elle s’est développée.

Dans des environnements plus hospitaliers, les spécificités culturelles qui se développent pourraient davantage être le fait d’un “libre arbitre sociétal”. Dans les climats “tempérés”, les possibles sont bien plus nombreux, ainsi les cultures n’y devraient leur variabilité qu’à elles-mêmes.

Ainsi pour le géographe Augustin Berque, il est insensé de prétendre que les facteurs environnementaux n’ont pas eu d’influences majeures dans les différences de développement des sociétés humaines :

Il développe ensuite 2 exemples que je trouve extrêmement éclairants sur l’influence de l’inégale et aléatoire distribution, sur Terre, des espèces végétales et animales :

Et même s’il faut continuer à penser ces questions de manière “complexe” et toujours tendre vers une analyse “systémique” de l’évolution humaine, on peut néanmoins admettre que l’environnement a toujours eu une influence sur les sociétés humaines, d’autant plus importante que cet environnement s’est avéré contraint pour un développement technique donné. À noter qu’il est tout à possible qu’un “éco-système” particulier permette à une société donnée de s’extraire de certaines de ses contraintes environnementales à un moment donné de son histoire. Cet éco-système qui permet à un groupe de s’extraire d’une contrainte environnementale peut être énergétique, technique, social, économique, politique ou bien un peu tout à la fois.

Le grand Nord, environnement contraint par excellence, a donné naissance à des cultures compatibles à la survie de groupes humains dans des conditions extrêmes et avec un développement technique rudimentaire.

C’est ainsi qu’il n’était pas rare dans certaines communautés des peuples autochtones de l’Arctique qu’on tue les personnes âgées, les bébés (surtout les filles) et les invalides lorsque les circonstances devenaient particulièrement difficiles (notamment en temps de famine)¹⁰. Une pratique encore plus commune était le “suicide assisté” que n’importe quel membre de la communauté était en droit de demander pour un grand nombre de raisons : douleur, dépression, deuil …. Dans ces cultures, la personne qui recevait la demande se devait d’apporter son aide sans remettre en question le choix de la personne demandant assistance.

Il faut réaliser que c’est la difficulté du mode de vie dans l’Arctique associée à une vision culturelle où il ne s’agit pas de mourir mais d’aller dans une autre vie, qui a rendu sociétalement possible et moral de telles pratiques.

C’est cette pression environnementale forte qui a rendu acceptable et souhaitable des conceptions qui peuvent aujourd’hui nous choquer et qui n’ont d’ailleurs plus cours depuis que ces peuples ont eu accès à la technique moderne.

IV) Nous voilà avec des systèmes de valeurs différents, notamment dûs à des histoires différentes

Mais il n’est pas nécessaire d’aller si loin au Nord et si loin dans le passé pour trouver des différences culturelles majeures entre des communautés. Par exemple, l’arbitrage entre “liberté d’expression” et “souffrance de certains groupes de personnes” n’est aujourd’hui pas le même que ce soit en France, au Japon ou aux US¹¹. Nos visions individuelles du bonheur et les moyens acceptables d’y parvenir collectivement, sont également profondément façonnés par “ces systèmes de valeurs” différents dans lesquels nous grandissons.

Comme on l’a vu dans la partie précédente, il n’y a pas de système de valeurs “universel” au sens où il serait absolument le “meilleur” indépendamment d’un contexte donné.

De la même manière que l’intelligence humaine est dépendante du substrat “corps humain” dans lequel elle émerge, les systèmes de valeurs sont dépendants du contexte sociétal dans lequel ils ont émergé.

On aimerait qu’un système de valeurs soit adapté à tous les contextes mais c’est illusoire. Il est faux de croire que ces différents systèmes avec lesquels nous arbitrons nos choix collectifs et avec lesquels nous tentons de construire notre bonheur collectif soient absolument et totalement compatibles. Le propre d’un arbitrage, c’est qu’il trace une limite. Reconnaître qu’on a différentes manières de générer les arbitrages, c’est aussi accepter que différents systèmes traceront les limites à différents endroits. A priori tous aussi justes, à priori tous aussi faux.

“La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres” est une jolie formule qui ne nous aide en rien lorsque nous sommes incapables, dans une communauté donnée, de tracer la “putain de limite”… justement.

A partir du moment où nous ne partageons pas ce que devrait être le “progrès” (ou le bonheur) et comment nous devrions y parvenir, ce qui est étonnant n’est pas qu’on se perde en route mais plutôt que nous persévérions à chercher ensemble. Qu’on se combatte et qu’on échoue à se comprendre sans que personne n’ait ni tort ni raison est l’essence même de cette quête.

V) La grande inertie

Il y’a parfois un décalage temporel entre le contexte qui a sélectionné un système de valeurs et le moment où il s’applique. Lorsque nous les jugeons comme “bons” ou “mauvais”, ce n’est même pas vraiment à l’aune des contextes sociétaux dans lesquels nous, nous évoluons mais plutôt de ceux dans lesquels nos prédécesseurs ont été couronnés de succès.

Aujourd’hui, les circonstances extérieures changent et pourtant, nos systèmes de valeurs ne paraissent pas pressés de se mettre à jour.

Cette inertie peut rappeler l’inertie de l’évolution génétique qui elle aussi est loin d’être instantanée, celle du “calebassier”, un arbre d’Amérique du Sud, en est un bon exemple. Pour bien comprendre ce dont il s’agit, voici comment le biologiste “Homo Fabulus” définit ce qu’est le fruit d’un arbre dans sa dernière vidéo¹² :

Ainsi le calebassier n’a toujours pas fait évoluer la coquille de ses fruits alors que les derniers animaux assez vaillants pour la briser (et disséminer les graines) ont disparu il y a plus de 30 000 ans. Mais c’est bien là tout le problème, la théorie de l’évolution ne dit pas que les organismes vivants évolueraient de manière pro-active afin de répondre à un changement environnemental. Elle dit simplement que certaines évolutions, qui par le hasard des mutations sont adaptées au nouvel environnement, vont davantage survivre et seront par conséquent sélectionnées. On dit que les organismes vivants évoluent “par sélection naturelle” pour être adaptés à leur environnement.

De la même manière, on peut penser que les cultures ont évolué “par sélection naturelle”. Ce ne serait donc pas pour gérer les peurs existentielles que toutes les communautés humaines auraient “créé” des spiritualités mais ce serait plutôt les cultures qui auraient évolué “par sélection naturelle” pour être adaptées à ce monde “existentiellement hostile”.

Mais c’est justement là le grand pouvoir des communautés humaines : l’évolution de leur culture se fait à une rapidité sans commune mesure avec l’évolution génétique et surtout, elle en a, en un sens, la maîtrise. Les communautés humaines ont leur mot à dire dans les mutations et les évolutions culturelles qu’elles entreprennent de tenter.

Mais même si les évolutions culturelles sont bien plus rapides que l’évolution génétique et même si nous en avons une certaine “maîtrise”, il n’en reste pas moins difficile de changer le moule dont nous sommes issus. De la même manière qu’il est très difficile de comprendre et de mettre à jour le potentiel de la technologie actuelle, il n’est pas non plus évident de mettre à jour nos comportements en fonction de ce que nous comprenons aujourd’hui de leurs conséquences.

Nous portons aux valeurs dans lesquelles nous avons grandi un attachement qui peut parfois paraître “irrationnel”. Par exemple, ce n’est pas parce que je suis désormais convaincu par la logique de la philosophie antispéciste que mon système de valeurs va se mettre à jour instantanément et rendre mon alimentation d’origine carnée impossible. On ne change pas les comportements issus d’une logique “spéciste” comme l’humanisme à des comportements issus d’une logique anti-spéciste instantanément. Nos systèmes de valeurs ont une certaine inertie.

Les nouvelles valeurs issues de ma compréhension actuelle du monde ne remplaceront pas pour autant mes anciennes valeurs et ce, même si ces dernières sont issues d’une compréhension du monde dans laquelle je ne me reconnais en rien.

La même chose est valable pour les comportements. Prenons l’exemple, au hasard bien sûr, du voyage aérien. Il est indubitable - et quasi personne ne le conteste aujourd’hui - que notre liberté d’aller et venir un peu partout sur la planète est moins importante que notre “moindre participation” au bouleversement climatique de la dite planète. Si nos comportements s’étaient mis à jour en intégrant cette nouvelle donnée, Toulouse et sa région n’auraient pas attendu la crise du covid pour entamer leur “reconversion économique”. Une certaine inertie intervient à chaque étape du cycle :

Et c’est quelque part normal car comme le disait Paul Valéry :

Certes cette inertie peut paraître irraisonnée, mais il est important de l’accepter et d’admettre que de toute manière, tout en nous est … irraisonné. La colonne vertébrale de nos vies est, en grande partie, constituée d’éléments irraisonnés : notre soif de vivre, notre peur de mourir, notre envie de nous dépasser, notre envie d’aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté de la colline, notre envie d’amour, de reconnaissance, d’attachement, notre capacité folle à ressentir de la joie … tout …

Nous sommes un des résultats - en partie irrationnels - du processus évolutif que nous appelons “la théorie de l’évolution des espèces”. Et cette théorie est elle-même une construction “rationnelle” visant à expliquer comment l’univers a pu créer et faire évoluer des êtres vivants aussi tracassés et irrationnels que nous.

CONCLUSION

Comme on vient de le voir, il y a des systèmes de valeur qui diffèrent malgré un sacré tronc commun. Ces systèmes ont du mal à s’adapter et à rester cohérents dans un monde qui change rapidement mais face à un environnement chaotique et imprévisible, tenter par anticipation de les adapter à ce qu’il risque d’advenir reste néanmoins notre arme de progrès la plus efficace.

Comme on l’a vu, dans un monde où les contraintes environnementales deviennent de plus en plus denses, les cultures qui perdurent sont plus spécifiques et plus corrélées aux types de pression qu’elles traversent.

Quelles valeurs et quelles cultures vont pouvoir perdurer face aux lourdes contraintes environnementales d’aujourd’hui et de demain ? Est ce que ces systèmes vont avoir tendance à s’unifier ou à se diversifier ?

C’est le sujet du dernier article de la série :

Qu’est-ce qui émergera du chaos climatique : mondialisme ou communalisme ?
Dans le chaos à venir qui se fait tous les jours plus probable, est-ce que nos systèmes auront tendance à s’unifier ou…apreslabiere.fr

Sur ce, je vous souhaite à tous,

Paix et santé,

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SOURCES / LIENS / POUR ALLER PLUS LOIN :

¹ Énoncé exact de la guillotine de Hume (lien externe) - un article sur lequel je suis tombé et où j’ai trouvé des choses intéressantes : “Autour de la loi de Hume : entre le normatif et l’évaluatif, entre right et good (lien externe)
² Formule issue d’une critique du possibilisme : “misère du possibilisme (lien externe)
³ Thèse : “Démarches sysémiques et géographie humaine (lien externe)
Le livre de Jared Diamond “De l’inégalité parmi les sociétés” évoque cette thèse - Dans cet article “Les controverses de L’Espace géographique (lien externe)” disponible sur Cairn, Augustin Berthe le résume efficacement. Homo Fabulus en parle également très bien dans sa dernière vidéo sur la psychologie évolutionnaire : “Pourquoi achète-t-on des capotes ? — Psycho Évo #2 (lien externe)
Is It Good to Cooperate? Testing the Theory of Morality-as-Cooperation in 60 Societies (lien externe)” - Current Anthropology
J’en parlais déjà dans cet article : “Post-vérité, croire en des “histoires”, ce n’est ni nouveau, ni inutile (lien externe)
C’est la thèse que défend Homo Fabulus dans sa série de très bonnes vidéos sur la morale (lien externe)
The interactions of culture and environment in the smaller societies (lien externe)” par John W. Bennett
Augustin Berthe à la fin de cet article : “Les controverses de L’Espace géographique (lien externe)” - Je note qu’il parle d’ “évolution” pour la société Occidentale et de “rester” pour les autres sociétés, c’est un jugement de valeurs que je ne me risquerai pas à faire, qui a évolué la-dedans finalement ? 
¹⁰ Article essayant de tirer au clair entre la légende et les faits “Did Eskimos put their elderly on ice floes to die? (lien externe)” - Papier avec des témoignages bouleversants (trigger warning, vraiment vraiment bouleversants) rapporté par l’anthropologue-explorateur Knud Rasmussen “Lorsque des aînés évoquent la beauté de l’au-delà… ou ce que disent les expériences de mort imminente chez les Inuit du Nunavut (lien externe)
¹¹ J’en parlais dans cet article : “Comment accorder nos lunettes? (lien externe)” . Un article du Guardian qui parle des “dérives” selon nos standards de la liberté d’expression nippone : “Japan urged to ban manga child abuse images (lien externe)
¹² Deuxième vidéo de la série de Homo Fabulus sur la psychologie évolutionnaire “Pourquoi achète-t-on des capotes ? — Psycho Évo #2 (lien externe)