Pour ceux qui n’aiment pas lire, vous pouvez regarder le PendantLaBiere#21 (lien externe) où j’explique cet article.
Nous sommes de plus en plus nombreux à être conscients de la nocivité des grands réseaux sociaux actuels. Beaucoup pensent qu’il faudrait davantage de “biodiversité numérique” si nous voulions augmenter les chances de voir naître des plateformes plus en adéquation avec les enjeux globaux actuels.
On rêve de plateformes qui encourageraient la conversation et la compréhension sincère des arguments et des émotions de l’autres. On croise les doigts pour qu’émergent des lieux d’échange où on se jetterait plus souvent des ponts que des pavés…
Si nous sommes si nombreux à nous retrouver sur le constat de l’article précédent :
Un autre web ? (1/3) Les réseaux sociaux, plutôt poison que médicament ?
Même s’il est évident que les réseaux sociaux sont parfois bénéfiques, le sont-ils assez pour pallier leurs…apreslabiere.fr
Comment se fait-il alors qu’on en soit toujours là ? Comment se fait-il qu’il n’y ait pas déjà plus de plateformes, tentant de ne pas reproduire les erreurs que nous constatons depuis des années ? Comment se fait-il que tous les utilisateurs “conscients” des défauts de ces plateformes y soient encore ?
Comment se fait-il finalement que je sois encore sur Facebook et sur Twitter alors que je les critique à la moindre occasion depuis des années ?
Il y a des raisons structurelles à cette inertie et il est essentiel de les comprendre pour mieux pouvoir penser leur contournement. Pour capturer notre attention et nos données (monnayables) de manière optimale, les grandes plateformes font tout pour nous emprisonner. Comme un partenaire dans une relation toxique, ils sont prêts à tout pour nous garder sous leur emprise. Ce sont différentes déclinaisons de cette stratégie d’ “enfermement” qui structurent aujourd’hui les réseaux sociaux numériques privés et ce sont eux qui composent désormais une immense partie de ce qui devrait pourtant être notre web.
Cette stratégie d’enfermement est basée sur un principe simple : la capture et l’appropriation de toutes nos données (nos photos, nos écrits, notre réseau de liens numériques, tout).
Ce processus évoque le phénomène des enclosures physiques qui a permis l’avènement du capitalisme au XVIIIème siècle :