L’argent n’est pas plus violent qu’il n’a d’odeur, c’est bien connu.
Mais ces déclarations et ces comportements, insolents, quasi-outrageants (dixit la procureure du Val d’Oise, qu’on sent éreintée par l’attitude des Balkany³) et sincèrement convaincus de leur bon droit posent une question décisive :
Les riches ne seraient-ils pas tout simplement un peu plus cons que la moyenne ?
Dis de manière un peu moins gratuitement provoquante : Est ce que les classes populaires n’auraient pas un peu plus décence ordinaire comme le pensait Orwell ?
“Décence ordinaire”, de quoi parle-t-on ?
On pourrait résumer la fameuse décence ordinaire, comme le fait Bruce Bégout à “la faculté instinctive de percevoir le bien et le mal”⁴.
Alors oui, cette notion peut être comprise d’une manière très caricaturale comment le font certains penseurs de gauche. Quoi de mieux pour sabrer une notion que d’en critiquer la plus mauvaise interprétation possible ? C’est ainsi que dans l’article “Orwell et la common decency : des récupérations parfois douteuses”⁵, Pierre-Louis Poyau laisse entendre que cette notion renverrait à “un peuple qui, par essence, saurait mieux faire”.
Comme si quelqu’un avait pu défendre un jour l’idée d’un peuple génétiquement programmé pour être plus décent… C’est faire peu de considération d’Orwell et de ses défenseurs que de leur prêter une pensée aussi simpliste.
Il est également facile de décrédibiliser la thèse de la décence ordinaire en en listant des contre-exemples :
Comme si quiconque défendant cette thèse aurait pu dire un jour que les classes populaires faisaient toujours preuve d’une décence absolue. On n’a effectivement pas besoin d’être chartiste pour trouver dans l’histoire des faits où le peuple fut infâme et amoral.
La manoeuvre est aussi honnête intellectuellement que de dire que toutes les couches de la société sont représentées à l’assemblée nationale au motif qu’il y siège un député “salarié agricole” (Jean Lasalle)⁸.