Parmi ces trois formes de propagande (blanche, grise et noire), la guerre cognitive utilise logiquement la grise et la noire (donc non Apple et ses logos géants ne font pas encore de la guerre cognitive). En effet, dans ces deux formes de propagande, les objectifs réels (et les auteurs) sont dissimulés, ce qui correspond à la logique de la guerre cognitive où les objectifs vont directement à l’encontre des intérêts des communautés qui sont attaquées cognitivement.
Lorsqu’on parle de communautés cibles, il peut tout autant s’agir de militaires, de populations civiles, de membres d’une communauté professionnelle ou sociale spécifique, d’une région, d’un pays ou d’un groupe de pays particulier. Par exemple, en cassant le sentiment de sécurité ressenti par des populations entières, celles-ci peuvent être amenées à se soulever contre leur gouvernement alors que cette perception a pu être considérablement amplifiée par des manipulations étrangères.
Même si ces manipulations ne sont pas “violentes” en elles mêmes et ne causent pas directement de morts, les dégâts causés par ces attaques cognitives peuvent être tragiques pour les populations visées et peuvent donner un avantage décisif aux attaquants.
Comme toute guerre, le but est d’affaiblir, voire d’annihiler l’ennemi. L’objectif est ici de détériorer ou de détruire chez les populations visées les fondements et les croyances qui permettent à une confiance envers des fonctionnements collectifs d’exister. Or sans cette confiance, il est très difficile de maintenir la stabilité d’un groupe, d’une société ou d’une Nation. Par exemple, pour déstabiliser une Nation on pourrait détruire la confiance que sa population porte envers ses dirigeants (même si, les dirigeants eux-même, peuvent aussi y participer très activement).
Les conséquences de ces attaques cognitives peuvent aller de la simple influence, à la perturbation de systèmes hospitaliers en passant par la conquête territoriale. Elles peuvent affaiblir les structures militaires, médiatiques, sociales, politiques et économiques d’un pays ainsi que ses infrastructures énergétiques ou de transport.
La guerre cognitive se base sur une compréhension fine des réseaux qui tissent la société. L’objectif va être de perturber ces réseaux et leur articulation en provoquant des attaques sur plusieurs nœuds afin de déstabiliser l’ensemble du système.