Et si le plus grand obstacle à la résolution de la crise climatique, ce n'était pas le charbon, ni les lobbys, ni même le déni, mais la façon dont circule l'information ?
J'aurais hurlé en entendant ça il y a 15 ans quand j'ai quitté un poste d'ingénieur grassement rémunéré en Australie pour mener, à ma petite échelle, la bataille climatique. Mais en me battant pour diffuser des connaissances sur la réalité climatique, j'ai été percuté par une autre réalité : nos systèmes d'information sont structurellement incapables d'amplifier ce qui nous permettrait de nous mobiliser, de construire des consensus et d'agir collectivement. 🧠
Ce n'est pas pareil de faire de la philosophie ou de la politique avec ou sans deadline. Sans deadline, on peut discuter indéfiniment du tramway et des six innocents sur les rails, ou de la meilleure manière d'accompagner une société néolibérale globalisée vers une sobriété aussi heureuse que décroissante. Mais en 2026, a-t-on encore ce luxe ?
Les choses évoluent tellement vite que nous courons le risque concret de devoir admettre demain que le sujet sur lequel on a tout misé n'est plus l'urgence numéro un. ⏳
La question climatique n'est pas moins urgente, mais il y a aujourd'hui selon moi quelque chose de plus pressant : non pas parce que plus grave, mais parce que bien plus sous-traité, et directement limitant pour tout le reste.
C'est de cette question de l'importance des flux informationnels et de leur maitrise que j'ai creusée avec Julien Devaureix du podcast Sismique, un intellectuel qui, lui aussi, a laissé le réel bousculer ses priorités éditoriales.
📅 Parce que le réel n'a que faire de nos agendas personnels.