Grosse discussion "quelle stratégie face à l'IA ?" mardi dernier avec Shaïman Thürler. On s'est laissé dire tout ce qu'on avait à dire mais j'ai oublié un truc essentiel.
J'ai pas assez insisté sur le fait que si je m'intéresse aussi peu aux individus, c'est pas par manque de curiosité quant à leur système de pensée mais car je pense que ce n'est pas la meilleure stratégie pour comprendre et prédire là où va l'organisation qu'ils "dirigent".
Si vous voulez comprendre les move de Google, Anthropic ou OpenAI, ne réfléchissez pas tant à ce que Sundar Pichai, Dario Amodeli ou Sam Altman pensent qu'à ce que leur organisation a intérêt à faire, dans un système néolibéral totalement irrégulé, pour obtenir autant de pouvoir, de bénéfices et d'investissements que possible.
On se fout des raisons esotéro-philosphico-pseudorationnelles qu'ils se donnent pour dire ce qu'ils disent et pour faire ce qu'ils font. Ils ne seraient pas là où ils sont s'ils ne pensaient pas comme ils pensent. Le fait de savoir si ces gens sont sincères n'a aucune espèce d'importance.
"Blame the game, not the player" (même si j'ai envie de blamer un peu)
Autrement dit les joueurs sont interchangeables, ce qu'il faut tenter de modifier ce sont les règles et les systèmes d'incitatif du monde de la tech et l'archétype de la Silicon Valley suivra. Pour réaliser cette prouesse, on a besoin d'une démocratie capable de s'organiser. Ça commence par des algorithmes qui rapprochent les citoyens au lieu de les fragmenter. Association Tournesol (lien externe) & Agora Citizen (lien externe) par exemple.
